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B... COMME BEETHOVEN Ludwig van Beethoven

L'œuvre

genre formation symphonique . concert commenté

compositeur Ludwig van Beethoven . 1770 -1827 .  allemand

création Symphonie n°5 . 22 décembre 1808, Theater an der Wien (Autriche)

instrumentation

bois 1 piccolo, 2 flûtes, 2 hautbois, 2 clarinettes, 2 bassons, 1 contrebasson

cuivres 2 cors, 2 trompettes, 3 trombones

Percussions timbales

cordes 6 violons 1, 6 violons 2, 4 altos, 4 violoncelles, 2 contrebasses

Origine de l'œuvre

Ludwig van Beethoven est fermement décidé à créer une œuvre qui reflète concrètement ses idées, sa vie, quelle que soit les réactions du public viennois dont il a toujours redouté les réactions. Pour lui chaque oeuvre est conçue comme une pièce d'un puzzle d’une œuvre globale.Il compose ainsi, avec beaucoup d'attention, la symphonie n° 5 entre 1804 et 1808. Il mûrit son projet depuis bien plus longtemps car on en trouve des esquisses dès 1803, année de composition de sa Symphonie n° 3, dite « Héroïque ». Les premières idées de cette symphonie lui seraient même venues dès 1795. Il termine bien d’autres compositions entre-temps, comme Fidelio, son unique opéra, l’Ouverture de Coriolan, la Symphonie n° 4 , la Messe en ut Majeur.
Dès 1804, il travaille non seulement à cette Symphonie n° 5  mais aussi à la sixième dite « Pastorale ». Ces deux symphonies sont tout à la fois opposées et indissociables, la première représente l’homme en lutte contre son destin, la seconde, l’homme réconcilié avec la nature.

Une création mémorable

La cinquième symphonie a été créée dans un ultime concert avant le départ de Vienne, en 1808. Cette première audition, malgré les faiblesses de l’exécution, laisse d’emblée une forte impression.

Les réactions des artistes de l’époque sont éloquentes : 

" La musique de Beethoven nous ouvre l’empire du colossal et de l’immense" E. T. A. Hoffman, en juillet 1810, dans un article du Allgemeine Musikalische Zeitung) 

" C’est très grand, c’est absolument fou ! " Goethe, en 1830, après que F. Mendelssohn lui ait joué l’œuvre dans une version pour piano.

Berlioz décrit en 1834, dans la Gazette musicale la réaction du public lors d’une exécution à Paris : L’auditoire, dans un moment de vertige, a couvert l’orchestre de ses cris ; c’étaient des exclamations furieuses mêlées de larmes et d’éclats de rire… Un spasme nerveux agitait toute la salle.

Ainsi frappe le destin à la porte

L'originalité de cette cinquième symphonie tient dans le motif initial de quatre notes : trois notes brèves suivies d’une longue. Beethoven affectionne tout particulièrement cette formule rythmique qu’il a déjà utilisée régulièrement par le passé.  Mais avec cette symphonie, il lui donne ici une fonction capitale.

Véritable architecte musical, il conçoit la totalité de la symphonie presque exclusivement autour de ce motif.

Il crée ainsi l’expression d’un conflit entre un élément extérieur oppressant – ce fameux motif rythmique que Beethoven définit comme les coups du « destin à la porte » – et l’Homme. Il apporte ainsi à la musique symphonique une dimension dramatique jamais atteinte jusqu’alors, intimement liée à une dimension autobiographique : la lutte permanente contre la fatalité de son handicap, la force incroyable dont il va faire preuve pour persévérer dans sa voie créatrice malgré tout.

 

Brève biographie

Ludwig van Beethoven est un pianiste et compositeur allemand, né à Bonn en 1770 et mort à Vienne (en Autriche) en 1827.

Il reçoit une éducation dure et autoritaire : son père est bon musicien mais brutal et alcoolique. Il détecte très vite le talent de son fils, et essaie de s'en servir pour organiser des tournées dans toute l'Europe, comme le père de Mozart l'avait fait pour ses  enfants quelques années auparavant. Mais le père de Beethoven est médiocre et cette expérience est un échec.

À l'âge de 17 ans, alors qu'il est en voyage à Vienne avec son protecteur, le comte Ferdinand von Waldstein, Beethoven rencontre brièvement Mozart, qui a alors 31 ans. Il interprète devant lui une improvisation si extraordinaire que Mozart dit de lui : « Faites attention à celui-là, il fera parler de lui dans le monde ».

 

Vienne, une nouvelle étape

Beethoven s'installe définitivement à Vienne en 1792, à l'âge de 22 ans et est très vite reconnu comme un pianiste virtuose, surpassant de loin ses contemporains. Son caractère fougueux et son tempérament sont remarqués de tous, notamment par Joseph Haydn, qui lui donne des leçons de composition pendant 3 ans. Malgré une estime réciproque, les deux hommes s'entendent assez mal, notamment en raison du caractère difficile de Beethoven.

 

Le tournant de la surdité

L'année 1802 est un tournant dans sa vie : il a pris conscience, depuis quelques années déjà, qu'il devient progressivement sourd. Ceci l'a poussé à se couper du monde, à ne plus voir personne, ce qui a accentué sa réputation d'homme au caractère difficile. Il décide dès lors de consacrer toute son énergie à la composition.

À partir de ce moment, et hormis quelques années plus confortables, Beethoven est dans une situation financière très difficile jusqu'à la fin de sa vie.

Il est un démocrate convaincu, dans une Europe alors encore largement royaliste ou impérialiste, et en proie à de nombreuses guerres (notamment jusqu'en 1815 avec la France et Napoléon Bonaparte).

 

Son œuvre est très vaste, mais il est surtout renommé de nos jours pour sa musique orchestrale dont neuf symphonies ou ses 32 sonates pour piano seul, d'une difficulté alors inconnue pour l'époque.

La force dramatique de son œuvre fait de lui un des précurseurs de la période romantique.